Les nouveaux inquisiteurs

 

Dès le Moyen-Âge, l’Inquisition servit aux puissants à maintenir le peuple dans le droit chemin, c’est-à-dire dans la peur, la résignation et l’adulation des puissants. Tout hérétique était poursuivi, calomnié, crucifié en place publique et soumis à la question (inquisition), une personne seule était conduite au tribunal pour avouer ses fautes, devant un parterre d’ecclésiastiques, débonnaires, bien nourris et prompts à vous conduire au bûcher, vous expliquer les bonnes moeurs et là où vous aviez péché…

 

Bien sûr, quelques personnes dans les Cévennes, l’Ardèche ou la Drôme et autres endroits durent parfois se réfugier dans des pays lointains, car ils avaient choisi la Réforme, contre l’opulence débonnaire et proche des puissants des prélats du Vatican.

 

Ce qui déplaisait à ces puissants, qui bien sûr ne voulaient pas être perçus directement comme responsables d’actions contre le peuple, ce qui aurait pu enlever à celui-ci, cet amour béat et débonnaire qui parfois caractérise ceux qui n’ont pas toutes les informations à leur disposition, puissants qui firent appel aux prélats qui jusque-là se prélassaient dans l’abondance, était la cause du ressentiment populaire contre la dite sainte église romaine.

 

Puissants et curetons ayant des intérêts communs et fréquentant les mêmes lieux de pouvoir, école et autres, l’Inquisition pouvait enfin commencer et ses tribunaux agir pour le bien de tous et qui se confondait comme par hasard aux intérêts des plus fortunés.

 

Dans nos latitudes, où la religion ne fait plus autant recette, d’autres secteurs présents dans la société, ont gardait cette tradition folklorique, bien qu’ils l’aient adaptée à nos temps et nos moeurs.

 

Inquisiteurs qui ont comme à l’époque du Moyen-Âge, toutes les arrogances et les culots. Ainsi dans une émission télévisée, où ils ne veulent pas dormir où ils ne sont pas couchés, deux chroniqueurs de l’émission interrogent un homme politique, pour ne pas le citer Jean-Luc Mélenchon, sur son programme économique. Si vous avez regardé deux ou trois fois cette émission, vous avez surement constaté que deux journalistes représentent la droite et la gauche, 50/50, voilà ce que veut sous-entendre l’émission. Vous aurez forcément un chroniqueur de votre côté, donc cela justifie, bien sûr un troisième larron qui participe à la discussion, à part des deux gugusses et même le troisième, ont en fait, les mêmes opinions.

 

Cela se concrétise dans leur point de vue, économique c’est-à-dire libéral et bien sûr il s’ensuit une diatribe contre les idées qui refusent de voir la réalité, la journaliste hystérique, vilipendant l’invité, son collègue pendant masculin de la dame, qui vous parle de sa grosse voix basse et de son corps chétif, comme s’il allait vous mettre un pain, si vous ne cessez séance tenante vos propos incongrus.

 

Cette émission, la journaliste a fait très fort, expliquant à l’invité que les journalistes étaient des contres pouvoir, tout en coupant systématiquement son invité, avec l’aide de ses deux acolytes, journalistes, du « j’ai les yeux qui tuent », « prends garde à tes abatis » et sa copine éructent les idées les plus usitées des puissants, sur les questions économiques et tout particulièrement la dette.

L’invité de l’émission, c’est-à-dire JLM, a su répondre et même, la journaliste et son voisin se sont trouvés ridicules.

 

Cette proportion des médias à créer une situation dans les circonstances où une personne qui ne partage pas le diktat de la pensée dominante est fréquente, il serait fastidieux d’énumérer les émissions où cela se produit. Mais la façon de faire est toujours la même, par les médias et il est facile de l’observer, que le mal inspiré qui a la mauvaise manière de penser, est soit entouré de plusieurs journalistes bien pensants (la norme), soit le responsable de l’émission lui mettra dans les pattes une ribambelle d’invités, qui bien sûr réfuteront à plusieurs toutes les idées qu’il voudra développer malgré les coupures innombrables de participants et du journaliste et des journalistes.

 

Le plus étonnant est que la plupart des téléspectateurs trouve cela normal, il n’est pas sûr qu’ils accepteraient qu’un boxeur monte sur un ring avec au moins quatre adversaires et avec l’arbitre contre lui, ils craindraient pour sa vie, cela serait inacceptable. Mais que l’on exécute symboliquement devant des milliers de personnes, un individu, juste parce que la personne n’a pas les mêmes opinions que le gotha médiatique…

 

Mais quelle est cette idéologie que l’on ne doit pas déranger, un courant de pensée post soixante-huitard, porté par un philosophe communautariste, très médiatisé et ayant beaucoup d’argent, coqueluche des journalistes et des politiques. Philosophe qui a trouvé des amis lobbyistes pour faire avancer ses idées chez les politiques, comme chez les média.

 

A qui d’ailleurs il renvoie gentiment l’ascenseur, comme le comique, rédacteur en chef d’un journal satirique, qui se retrouva président nommé dans une radio publique par Sarkozy, grand ami du philosophe.

 

Rédacteur en chef du journal satirique, qui se veut un grand intellectuel. A su profiter de la création d’un autre, c’est-à-dire d’un journal satirique, pendant que son fondateur mourait dans la quasi indigence.

 

Mais qui a avec son mentor philosophe, un anticommunisme primaire, et une haute idée de leur personne, qui ont comme argumentation le bien et le mal, pour enfants de deux ans.

 

Ce grand chroniqueur radiophonique a commencé son parcours médiatique par le spectacle comique avec chant, continuant, plus ou moins jusqu’à ce que son acolyte maître d’école tombe pour pédophilie, avec un silence médiatique presque complet. Pour continuer dans le sordide et le ridicule, ce monsieur lors des événements qui envoyaient son ami de rigolade pour pédophilie en prison, intervenait dans le congrès de la fédération anarchiste et faisait la promotion du Réseau Voltaire (cf. Thierry Messan).

 

Mais il est vrai qu’il avait combattu, de sa verve, la mise au ban de Radio Libertaire, qui sans lui heureusement, aurait obtenu gain de cause…

 

Mais les casseroles du monsieur et du philosophe communautariste, bien que plus importantes que la voiture de collection qui sert à conduire les époux lors des mariages, l’idée du monde libre voltairien, contre les rousseauistes a été insufflée chez les politiques et les médias, qui avaient besoin pour le parti socialiste, de nouvelle idéologie de substitution au socialisme et une droite de tout bord avait besoin que leurs amis se voient jouer l’opposition dans un jeu du à toi et à moi, de la chaise vide.

 

Journaux, télévisons ébahis devant le prestige du philosophe, qui, amoureux de la liberté, envoyait la France en guerre en Libye, pour lui apporter cette même liberté. Pays qui aujourd’hui voit le glaive de la violence quotidienne, mais pas la douceur de vivre, journaux qui à longueur de temps punissent par la même méthode les récalcitrants au libéralisme. Ainsi, la journaliste Aude Lancelin(1), connaît bien les réunions expiatoires, où une personne se trouve à au moins quatre ou plus contre elle, cela ne nous rappelle-t-il pas une méthode employée dans les émissions de télévision contre les mal pensants !?

 

Cette idéologie, pourtant est plus que néfaste et n’a pas prouvé son efficacité, ni sur le plan de la société, ni sur le plan économique, n’a de cesse de repousser toute intelligence, susceptible de contredire le dogme néo-liberal, qui considère que la liberté de l’individu prime sur les libertés collectives et que celui qui a réussi économiquement le mérite, quelle que soit la manière dont il est devenu riche.

 

Certains sceptiques devant la situation que je décris, me diraient comment un philosophe et ses amis de la presse, ont-ils convaincu, du changement idéologique, tout simplement parce qu’il y a eu un événement, qui a favorisé la diffusion de ses idées, c’est dire la dégénération dictatoriale de l’idée communiste, les idées marxistes ayant engendré des monstres dictatoriaux, la classe capitaliste qui détenait et détient le pouvoir de l’état, avait besoin de diffuseurs de nouvelles idées dans la population susceptible, de se substituer aux idées de Karl Marx. D’ailleurs ces grands philosophes auto–proclamés, n’ont pas eu un grand courage en faisant des blagues contre le communisme et contre sa dictature à un moment où son étoile était en train de s’éteindre.

 

Il n’est pas étonnant d’ailleurs que le journaliste, ancien patron d’une radio publique, écrive des livres contre les sociologues et Rousseau, sociologie parce qu’elle explique les faits de société par l’analyse des comportements sociaux, non pas sur une question de bien ou de mal, bien et mal qui poussèrent ce monsieur à publier dans le journal satirique des dessins humoristiques du prophète des Musulmans, dans son désir de voir le monde de façon simpliste avec une opposition du droit et du non droit , c’est-à-dire sur un point de vue philosophique et juridique.

 

Au vue de ce qui s’est produit, il aurait dû peut-être consulter des sociologues pour voir les réactions possibles des personnes qui se sentiront blessées par ses dessins, perçus comme diffamatoires. Bien sûr comme toujours, il a cru que la question était juridique et serait la seule chose qui se produirait serait un procès au tribunal. Des sociologues spécialistes des questions de l’Islam auraient pu lui faire comprendre le risque que ces dessins faisaient peser sur la rédaction du journal, vu ce qui se produira plus tard, la chose aurait été plus que souhaitable. Peut-être l’a t-il fait, d’ailleurs, vu qu’il a quitté le journal avant les événements tragiques…

 

Quant aux attaques contre Rousseau, c’est compréhensible, car avec le contrat social et autre livre du philosophe, il défend le vivre en commun et non pas l’individualisme primaire qui fait office d’idéologie pour le tenant du capitalisme débridé, propriétaire de journaux.

 

D’ailleurs dans ces événements, vu ce que le bon peuple doit penser, les élections qui viennent sont aussi le déclencheur de situations particulières. Bientôt on va nous faire le coup du « attention » et faire peur pour influencer le vote. Depuis trente ans on va nous faire le coup du « attention » le front national, parti qui n’a d’explication que par le battage médiatique fait par les médias et la situation de crise de l’ordo-libéral, promus par les journalistes.

 

Par contre dès qu’un homme ou une femme politique crédible non convaincu des idées débiles du néo-libéralisme s’exprime, les journalistes en parlent en déformant le personnage, sa personnalité, le caricature.

 

Ainsi, Jean-Luc-Mélenchon, fait l’objet de toutes les caricatures, de toutes les diffamations et on lui colle des sondages plus que douteux

 

Et pourquoi les sondages, tout le monde sait que les sondages faussent le jeu démocratique, puisqu’ils influencent le vote, toute étude sérieuse le confirme.

 

Le temps des manipulations doit être dépassé par les citoyens de ce pays et des pays de l’Europe et du monde. Ces élites doivent prêcher leur bonne parole dans le vide afin que la véritable démocratie devienne le monde de demain.

 

Copo-Olivier

 

 

 

 

 

 

 

1- Aude Lancelan, le monde libre, édition les liens qui libèrent

 

 

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